L’origine du nom Sainte Eulalie semble provenir d’une redevance que les moines acquittaient au seigneur en sa maison de Benet le jour de la Sainte Eulalie (le 10 décembre). Cette appellation apparaît concerner principalement le prieuré, puisque le culte de Sainte Eulalie de Mérida venant d’Espagne au XIIe siècle fut très répandu en France méridionale. Mais ce vocable de Sainte-Eulalie, s’il est assigné au prieuré de Benet, ne semble pas désigner tout de suite l’église qui est indiquée comme Notre-Dame-de-Benet ou église de la Vierge dans certains documents du XVIe siècle. À droite de l’entrée on remarque d’ailleurs une vierge gothique décapitée. Très peu de documents signalent l’existence du prieuré de Benet.
À notre connaissance, on ne prend note de l’église de Benet qu’à partir de l’an 1088, dans les archives départementales de la Vienne. D’après les investigations de Benoît Decron, on peut admettre qu’en 1122, le prieuré de Benet fonctionne et abrite au moins deux religieux. Si l’on se réfère aux similitudes dans la réalisation des sculptures des églises environnantes, notamment avec Nieul-sur-l’Autise et Melle, on peut avancer que celles-ci datent de 1120 et 1130 par le même « ornemaniste et tailleur d’images ».
On peut simplement affirmer qu’un prieuré actif demeurait à Benet dès le XIIe siècle. Le prieuré a entretenu des liens avec différents petits établissements (Damvix, Courdault, Mougon, Foussais…) et de puissantes abbayes (Maillezais, Nieul-sur-l’Autise, l’Absie, Saint-Michel-en-l’Herm). Il semble que ce prieuré se situait au nord de l’église (à l’emplacement de l’école Sainte-Mathilde).
L’imposante église surprend dans un bourg comme Benet par sa grandeur: 50 mètres de long pour 21 mètres de large avec une hauteur de 17 mètres pour la voûte de la travée sous clocher. Elle est l’une des plus vastes églises de Vendée avec la cathédrale de Luçon et Notre-Dame de Fontenay-le-Comte.
Sa forme en rectangle régulier (très peu usité dans les églises anciennes) dénote une rareté. Les pierres calcaires qui grisent avec le temps, provenant des carrières locales, ont servi à l’édification de l’église. Son architecture avec les différences de style est également surprenante, tant sur sa façade romane (excepté le porche) semblable aux églises du duché d’Aquitaine, qu’à son intérieur gothique.
Sa construction, sa reconstruction et ses remaniements sont dus aux faits de l’Histoire :
- Les guerres franco-anglaises ont pu être une conséquence de la reconstruction de l’église au XVe siècle.
Les guerres de religion l’ont également gravement endommagé. En 1601, le curé du lieu Ripoche signale « Il y a 33 ou 34 ans que l’église est ruinée et qu’il ne reste que les quatre murailles… ladite église est remplie de démolitions et de ruines pleines d’arbres et d’ordures. Elle n’a que le quart d’icelle couvert »
- La Révolution ne l’épargne pas. Un certain nombre de sculptures sont étêtées, des hauts reliefs détériorés par le comité révolutionnaire local. Elle deviendra le temple de la Raison et abritera une fabrique de salpêtre.
- En 1822, l’humidité est telle qu’il est envisagé de carreler le sol. Cette proposition est rejetée et remplacée par la pose d’« un dallage en ciment de Portland à prise lente » qui garde aussi « l’inclinaison du sol de l’église d’Est en Ouest, car elle est voulue par les constructeurs ».
- Le 3 juin 1913, la façade de l’église est classée aux Monuments Historiques.
De nombreuses sculptures ont été réalisées dans cette église. Pour quelques-unes la signification est inconnue malgré les recherches et les hypothèses, tels ces bustes de femmes évoquant pour certains des vierges folles ou sages et pour d’autres les sept planètes dans leur monde céleste.
D’autres sont définies et identifiées comme celles de l’archivolte de la baie centrale. Certaines scènes de l’Ancien et du Nouveau Testament sont représentées. Leurs moulages sont visibles à l’intérieur de l’église et au le cloître de Nieul-sur-l’Autise.
Un certain nombre de familles ont fait don d’éléments rapportés :
- La famille Fradin pour la sacristie et le chemin de croix vers 1900.
- M. Bureau pour le vitrail représentant le martyr de sainte Eulalie posé au fond du choeur en 1902 et la copie du tableau réalisé par André Del Sarto en 1899
- Mme Saint-Martin pour la chaire en 1900.
Le nouveau vitrail de la façade posé en 2009 vient de l’inspiration de deux artistes, le maître verrier et l’architecte de la dernière rénovation : il symbolise la réunion de l’Ancien et Nouveau Testaments. Un joli coup de jeunesse qui donne envie d’y entrer, d’admirer, de méditer et de chercher à en savoir plus.
À proximité de l’église, lors de fouilles sur la place du Croissant, un sarcophage a été découvert probablement du XIIème siècle. Sur une face est sculpté un monstre ailé à queue nouée crachant du feu Vous pouvez entrer dans l’église pour l’observer.
La sacristie est aussi un lieu de nidification du moineau Soulcie qui a une petite tache jaune, et qui aime s’installer dans les murs en vieilles pierres calcaires.